ElectreLogo200Ce journal de bord, j’aurais pu le commencer en 2002. Outragée que j’étais du typhon de manipulation médiatique qui s’était abattu sur la France à l’issue des résultats du second tour des présidentielles. Ce 21 avril déjà, l’élite avait tremblé, secouée par un stupéfiant soubresaut démocratique, et avait joué de tous ses charmes pour persuader l’électeur lambda que “Ohmondieuausecourspitié ! Tout sauf le FN, le retour des HLPSDNH et de la bête immonnnnde !”. Et ça avait fonctionné.

Improbable situation que celle où votre prof d’histoire vous annonce que le cours est annulé parce qu’elle a décidé d’embarquer toute la classe faire son “devoir citoyen” à la manif anti-FN. Rien que ça ! M’en plaindre et refuser d’y aller m’aura tout de même valu d’être sermonnée et punie. Démocratie on t’a dit, avale ou crève. Chose intéressante : il y a 10 ans défilaient dehors les mêmes lycéens malléables qu’on formate toujours aujourd’hui à sécher les cours à la moindre occasion pour aller soutenir les Léonardas en tous genres. On dit merci l’éduc nat, cette bienveillante institution n’ayant pour ambition que de saper les bases de notre société !

Ce 21 avril j’ai braillé, jubilé, trépigné devant la télé en découvrant les résultats du 1er tour autant que j’ai pleuré de rage et de déconvenue devant les seconds et la veulerie de ce gouvernement de parasites qui avait bien réussi son coup. J’ai eu mal.

Comme tout ado rebelle (ou pas !), j’ai eu ma période wesh. Mais rapidement, vers 11/13 ans, quand y’avait encore du rap Français écoutable. J’écoutais Difool et m’irritais des réflexions “racistes” de mes chers parents déjà bien agacés par ce qu’ils voyaient leur pendre au nez…

C’est seulement maintenant que je commence à réaliser combien ils avaient raison à propos de tout et de rien, et je leur suis très reconnaissante de n’avoir pas renoncé à m’enfoncer un peu de plomb dans la cervelle. Mais ma pensée politique, elle, s’est construite relativement seule. Virage du wesh au faf, elle s’est forgée empiriquement. Se mettre à penser bleu blanc rouge était une évidence, simple question de bon sens et j’ai vite fini par plussoyer leurs commentaires acerbes à l’heure du 20 heures.

Ce 21 avril 2002, j’ai juré que le jour où je devrais partir de mon pays adoré, que je ne supporterais plus de voir devenu poubelle du monde, mis à sac par une caste véreuse, n’arriverait pas sans avoir rien fait pour le sauver. Et que si je pouvais faire quelque chose pour l’empêcher, alors je le ferais. Depuis lors je n’ai eu cesse de me battre à mon petit niveau pour ce que je pense être le Bien, et le bien de mon pays. De m’agiter, de m’impliquer. De perdre un à un mes amis si tolérants, ces aigres abandons ne faisant que renforcer ma volonté de leur prouver par a + b leur naiveté…

À un moment Electre est née, entière. Elle a décidé de porter plus haut que jamais ce flambeau que j’ai toujours tenu, de mener cette vie, ce combat de pasionaria qui la fait vibrer et lui va comme un gant, surtout parce ça la tient debout d’espérer et de se battre.

Nous sommes désormais à l’aube d’une nouvelle ère où se battre n’est pas un luxe mais une nécessité, alors on continue à militer et à changer les mentalités ! Allez hop hop hop, et qu’ça saute ! 😀

apropos